War On Screen - Festival International des cinémas de guerre

LA GUERRE VUE PAR ROBERT ALDRICH

 


ROBERT ALDRICH 

Robert Aldrich fut sans doute l’un des premiers cinéastes américains qui, dès le milieu des années 1950 (qui se souvient de la révolution copernicienne qu’annoncèrent Vera Cruz et En quatrième vitesse ?), a assuré le passage du classicisme hollywoodien à sa modernité critique, insufflant dans chacun de ses plans une incroyable énergie et une brutalité qui allaient hystériser aussi bien le film noir que le western, le polar et le film de guerre, son genre de prédilection. 

En 30 films et 48 ans de carrière, Aldrich, un indépendant frondeur dans le carcan hollywoodien, a produit un cinéma de la crise, de la spectacularisation des rapports de force (Plein la gueule, titre français de The Longest Yard qu’il réalise en 1974, sied parfaitement à son esthétique coup de poing) et de la violence des conflits, sa grande marque stylistique bien sûr, solution par défaut d’une énergie explosive impossible à contenir. Que faire de cette violence rentrée qui ronge ses personnages ? Comment la dépenser ? Rien d’étonnant, donc, à ce qu’Aldrich, dès 1956 avec Attack !, ait trouvé dans le film de guerre, le cadre idéal pour y délivrer sa vision du monde, violente et désabusée, terriblement lucide et explosive.

Qu’il s’agisse d’un lieutenant découvrant pendant la seconde guerre mondiale, la lâcheté d’un supérieur et l’hypocrisie de sa hiérarchie (Attack !), d’une bande de criminels transformés en soldats pour les besoins d’une mission suicide en territoire ennemi (Les Douze Salopards, 1967, son plus grand succès public) ou d’une patrouille britannique chargée, en 1942, de neutraliser un poste japonais avec à sa tête un lieutenant blasé (Trop tard pour les héros, 1970), les films de guerre d’Aldrich ont su saisir la vérité du monde et des hommes dans le miroir déformant des conflits.

 

L’histoire d’Aldrich et du cinéma de guerre s’achèvera en 1977, avec L’Ultimatum des trois mercenaires, un film de politique-fiction consacré à un scandale d’état (et si la guerre du Vietnam avait été un massacre sciemment organisé par l’administration américaine?), un chef-d’œuvre de mélancolie et de noirceur, mutilé lors de sa sortie en salles et dont la version intégrale sera présentée lors du festival. 

LES FILMS  


ATTAQUE !  (1956) – États-Unis

FUREUR APACHE (1972) – États-Unis

LES DOUZE SALOPARDS  (1967) – États-Unis

L’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES (1978) – États-Unis

TROP TARD POUR LES HEROS (1970) – États-Unis

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